Les personnes accompagnées en ITEP

Les troubles du comportement

Les Instituts Thérapeutiques, Éducatifs et Pédagogiques accueillent des enfants, adolescents   ou jeunes adultes qui présentent des difficultés psychologiques dont l’expression, notamment l’intensité des troubles du comportement, perturbe gravement la socialisation et l’accès aux apprentissages.

Ces enfants, adolescents et jeunes adultes se trouvent, malgré des potentialités intellectuelles et cognitives préservées, engagés dans un processus handicapant qui nécessite le recours à des actions conjuguées et à un accompagnement personnalisé.

Toutefois, il est fréquent que des personnes accompagnées présentent des déficiences intellectuelles légères ou modérées accompagnées de troubles du comportement. Ces jeunes trouvent difficilement leur place dans les Instituts Médico Educatifs en raison de la confrontation avec des personnes plus vulnérables. Dès lors, la recherche de solutions en partenariat avec les autres établissements du territoire permet d’apporter une réponse conjuguée compatible avec les missions de l’ITEP.

Les personnes accompagnées présentant des déficiences intellectuelles importantes, qui requièrent d’autres modes d’éducation et de soins, pourraient souffrir de la confrontation avec des jeunes accueillis en ITEP. Dès lors, l’orientation en ITEP pour un accueil de jour ou un internat n’est pas adaptée.

Les ITEP ne sont pas adaptés, en accueil de jour ou en internat, à l’accueil d’enfants et adolescents autistes ou présentant des troubles psychotiques prédominants.

Une étude sur les personnes accompagnées de 2015

Les équipes interdisciplinaires sont présentes sur deux territoires de santé : Dieppe et Rouen. En 2015, 97 personnes ont été accompagnées. Parmi elles, 64% habitaient en zone urbaine contre 20% en milieu rural. La concentration de personnes accompagnées était notée sur les quartiers bénéficiant de priorités dans le cadre des politiques de ville.

Une trentaine de personnes accompagnées bénéficiait d’une intervention de l’Aide Sociale à l’Enfance par décision administrative ou judiciaire.

La durée médiane d’accompagnement de 3 ans est conforme aux chiffres nationaux.

L’établissement scolaire fréquenté avant le début de l’accompagnement est principalement l’école primaire (43%) et le collège (41%). Toutefois, l’âge d’admission se situe généralement entre 11 et 13 ans. Seuls 16% des personnes accompagnées le sont suite à une réorientation d’un établissement médico-social.

Les projets de services (tels que définis par le présent projet) présentent une analyse détaillée de la population accompagnée par les équipes.

Pathologies principales

BarentinDieppeRouenSt SeverTotal
Autisme ou autres TED
Psychose infantile
Psychose survenue à l’adolescence
Accidents périnataux
Epilespsie
Autres pathologies
Aucune pathologie
Pathologie inconnue

Troubles connus

BarentinDieppeRouenSt SeverTotal
Troubles des conduites et du comportement non inclus dans une pathologie psychiatrique avérée
Retard mental léger
En rapport avec des troubles psychiatriques graves : troubles graves de la personnalité et des capacités relationnelles
Déficience de la communication sociale (y compris en rapport avec des troubles du spectre autistique)
Dyslexie
Autres troubles du développement de la parole et du langage
Dyspraxie
Autres déficiences légères ou modérées de la motricité

Modalités d’accompagnement

BarentinDieppeRouenSt SeverTotal
Internat à temps plein
Internat à temps partiel
Accueil de jour uniquement
Suivi en milieu ordinaire
Bénéficie d’un suivi en psychothérapie externe
Bénéficie d’un suivi en CMP ou CMPP
Bénéficie de plusieurs modalités d’accompagnement

Des personnes protégées par l’Aide Sociale à l’Enfance

BarentinDieppeRouenSt SeverTotal
Pupilles de l’état
Suivi en AED
Suivi en AEMO
Placement
Placement à domicile
Soutien aux jeunes majeurs
Mineurs non-accompagnés

Des personnes au domicile de leurs parents

BarentinDieppeRouenSt SeverTotal
Vie au domicile des parents
Vie autonome
Vie en établissement
Vie en famille d’accueil

Evolution des besoins

Le virage inclusif impulsé depuis 2005 tend à retarder l’âge d’accompagnement par l’ITEP de jeunes présentant des troubles du comportement. Les solutions d’adaptation ou d’accompagnement par des Assistant de Vie Scolaire (AVS) semblent propices à ce décalage.

Toutefois, nous notons des établissements secondaires qui se disent « épuisés » et l’ITEP est  régulièrement présenté comme la solution envisagée pour permettre l’exclusion définitive de l’élève. L’accompagnement au plus près de son domicile n’est alors plus possible et le vécu de l’élève et de sa famille avec l’institution scolaire est fortement dégradé.

Cela est lié à plusieurs facteurs :

  • Les troubles du comportement non-accompagnés ont tendance à se majorer avec l’âge du jeune ;
  • L’image des ITEP reste encore marquée par l’internat. Dès lors, les enseignants du primaire hésitent à « l’envoyer en internat ».

Or, le recours à des modalités d’accompagnement ambulatoire aurait permis de débuter un accompagnement bien en amont de l’accueil en collège de secteur et, peut-être, réduire le nombre d’exclusions.

Un travail de connaissances mutuelles entre les ITEP et les établissements scolaires a été engagé depuis 2015 mais il reste à développer pour permettre un accompagnement le plus précoce possible.

Deuxième effet de la méconnaissance des ITEP est la confusion entre orientation et placement. Notamment sur le territoire Dieppois, il n’est pas rare que des juges des enfants, dans le cadre d’audience en protection de l’enfance, statuent sur une alternative placement/ itep. « Soit vous mettez votre enfant en internat à l’ITEP, soit je place les enfants ».

Cette alternative placement/orientation n’est pas acceptable tant pour les personnes accompagnées que pour les professionnels qui les accompagnent. Un travail de déconstruction est alors opéré pour rappeler plusieurs choses :

  • L’internat thérapeutique d’un ITEP n’est qu’une des modalités d’accompagnement d’un Dispositif ITEP ;
  • Associer l’ITEP et un régime de protection reviendrait à dire que les troubles du comportement (motif d’admission en ITEP) sont à l’origine de la mesure de protection ;
  • L’internat thérapeutique d’un ITEP est régit par un principe de libre adhésion et ne saurait se trouver « contraint » ;
  • L’internat thérapeutique d’un ITEP est fermé sur les périodes de vacances scolaires et les week-ends. Il n’est donc pas une alternative à un placement en MECS ;
  • L’internat thérapeutique d’un ITEP est pensé en séquences, bornées dans le temps (en général 6 semaines), avec un accueil très souvent modulable (1 soir sur 2 par exemple).

D’une manière générale, on note sur l’ensemble des accompagnements, une baisse significative du recours à l’internat liée à une diminution des demandes mais surtout au développement d’autres modalités d’accompagnement.

Axe d’évolutions

La mise en place d’un système d’informations avec un recueil de données systématiques en début d’accompagnement doit permettre, dans le cadre d’une campagne statistique annuelle, de mieux connaître la population accueillie.

L’ajout d’indicateurs sur le niveau de vie des personnes accompagnées est à prendre en considération.

Le renforcement des actions de sensibilisation auprès des écoles du territoire, en partenariat étroit avec les inspecteurs de circonscription semble indispensable.

Le renforcement des liens avec le ministère de la justice et les services de protection de l’enfance est également essentiel à opérer.

Lire dans de chapitre

Deux grands territoires

Caractéristiques du public accueilli

Les PEP 76

Histoire de l’Eclaircie

L’antenne de Dieppe

L’antenne de St Sever-Elbeuf

L’antenne de Barentin

L’antenne de Rouen Descroizilles

Introduction

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